Alors que les relations entre l’Iran et les États-Unis font l’objet d’une escalade de tensions dangereuse, les responsables américains de la sécurité nationale auraient échafaudé une cyberopération visant à neutraliser les infrastructures et l’armée de la République islamique.

Ces dernières semaines le ton entre Washington et Téhéran s’est durci. En cause : le désengagement partiel de l’Iran des accords sur le nucléaire. Pis, les tensions entre les deux pays ne cessent de s’accentuer, tant et si bien qu’un conflit armé serait même envisagé par le clan Trump. Le déploiement du porte-avions USS Abraham Lincoln et d’une force de bombardiers dans le Golfe illustrent ce regain de méfiance, tout comme l’envoi d’un navire de guerre de transport et de missiles Patriot.

« Si l’Iran veut se battre, ce sera sa fin officielle. Ne menacez plus jamais les États-Unis ! », s’est même emporté Donald Trump dans un tweet du 19 mai 2019. C’est dire la défiance qui anime les deux nations l’une envers l’autre. Pour se préparer à une éventuelle guerre, le pays de l’Oncle Sam aurait même élaboré un plan militaire articulé autour de deux grands axes : le déploiement de 120 000 soldats dans le Moyen-Orient et la mise en place d’une cyberattaque majeure connue sous le nom de Nitro Zeus.

L’Iran, éteint en cas d’attaque ?

Évoquée dans les colonnes du New York Times par la voie d’une demi-douzaine de responsables américains de la sécurité nationale, sous couvert d’anonymat, cette opération aurait pour objectif de paralyser les infrastructures de la République islamique, et ce en cas de tentatives d’attaque contre les USA, qu’elles soient traditionnelles ou nucléaires. Plus précisément, l’armée US cherchera à « débrancher » son armée, ses grandes villes et son électricité.

L’exploitation d’un gisement de pétrole. // Crédit photo : drpepperscott230 via Pixabay.

Pour ce faire, les équipes cybers américaines doivent s’infiltrer dans le réseau iranien et y installer des balises. Ces dernières permettront tout bonnement d’injecter des logiciels malveillants censés déstabiliser les réseaux du pays. Au cours des dernières années, Nitro Zeus aurait régulièrement été mis à jour, d’après deux officiels. Comprenez : les outils informatiques ont été affinés pour se rapprocher au plus près d’un futur succès.

Nitro Zeus, une fake news pour Donald Trump

Un plan démenti par le président Trump, qu’il qualifie de « fake news », peut-on lire dans Military Times. Le fait est que les hackers iraniens font désormais partie de la cour des grands : considérés comme compétents, leurs opérateurs seraient aujourd’hui capables de frapper des cibles américaines. D’où les ajustements réguliers appliqués à Nitro Zeus, dont l’efficacité pourrait faire pencher la balance du bon côté.

Au regard de cette cyberopération explicitement évoquée par des officiels américains, force est de constater que les attaques informatiques s’inscrivent définitivement dans les plans militaires de grande envergure. Si les armées d’antan s’affrontaient sur un seul et unique front « physique », celles du 21e siècle se livrent une bataille supplémentaire dans le cyberespace. Un cybercombat susceptible de changer la face d’un conflit.

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