Alors que se rapprochent doucement, mais sûrement les Jeux olympiques d’été de 2020, organisés au Japon, la problématique de la cybersécurité occupe une place importante au sein des équipes de spécialistes du Pays du Soleil-Levant. Si les cybermenaces se multiplient, la tenue de la Coupe du Monde de rugby, en septembre 2019, constituera une mise en situation parfaite pour tester les défenses de l’île.

Si les grandes entreprises, représentants politiques et particuliers demeurent les principales cibles des hackers, les événements sportifs internationaux n’en restent pas moins dans leur viseur. En témoignent les cyberattaques observées lors des Jeux olympiques d’hiver de Pyeongchang 2018, en Corée du Sud, lorsque le malware Olympic Destroyer s’est infiltré dans les systèmes informatiques peu avant la cérémonie d’ouverture. Non sans oublier la tentative de piratage à l’occasion des JO d’été 2012, à Londres.

C’est pourquoi les autorités japonaises sont actuellement sur le qui-vive à environ un an des Jeux de la XXXIIᵉ olympiade de l’ère moderne, tenus à Tokyo du vendredi 24 juillet au dimanche 9 août 2020. Auteur d’un billet publié dans les colonnes de The Cipher Brief, l’analyste Nathan Ryan prévient des risques d’attaques susceptibles de toucher le Pays du Soleil-Levant au cours de cette période précise.

Une dépendance technologique trop accrue ?

Car le Japon va en effet mettre l’accent sur les technologies de pointe, tant pour la sécurité que pour la couverture médiatique. Objectif : étaler son savoir-faire technologique au monde entier. « Le Japon entend faire des Jeux olympiques et paralympiques de Tokyo 2020 le rendez-vous sportif le plus novateur et le plus technologiquement avancé de tous les temps », indiquait d’ailleurs Japan Today dans un article paru l’année dernière.

Mais cette dépendance à la technologie a logiquement un point faible : la cybersécurité. Des infrastructures trop vulnérables entraîneraient une catastrophe informatique en cas d’attaques à succès. Lourdes pertes financières, perturbation des épreuves, vols massifs de données personnelles (spectateurs et sportifs de haut niveau), image du pays dégradée : autant de conséquences dramatiques à envisager.

La ville de Tokyo, la nuit. // Crédit photo : 12019 via Pixabay.

Pour Nathan Ryan, les groupes de pirates jetteraient leur dévolu sur des cibles précises, comme les réseaux de transport et de diffusion, ou encore les systèmes électriques et de radiodiffusion. Et surtout, les auteurs les plus susceptibles de mener ce type d’opération, outre les hacktivistes et cyberterroristes, ne seraient autres que les services de renseignements étrangers, toujours d’après l’analyste.

En 2018, les regards s’étaient tournés vers la Russie suite au déploiement de l’Olympic Destroyer, en raison de l’interdiction de participation émise à l’encontre des sportifs russes, pour cause de dopage. Le Japon, lui, entretient des relations houleuses avec la Chine depuis plusieurs décennies, suite à des conflits géopolitiques relatifs à l’attribution d’îles situées dans le Pacifique.

Hacker la nation pour mieux la protéger

Surtout, M. Ryan estime les armes des services étrangers suffisamment sophistiquées pour déjouer les systèmes de défense d’un pays tel que le Japon. Ce dernier a d’ailleurs élaboré un plan de défense très controversé fin janvier 2019, lequel consiste à pirater 200 millions d’appareils connectés appartenant à ses citoyens. Un projet empirique qui viserait ici à tester la vulnérabilité informatique de la nation, car de nombreuses craintes selon lesquelles des pirates abuseraient des appareils IoT émanent du gouvernement.

D’ici là, le pays insulaire aura l’occasion de tester ses cyberdéfenses lors de la Coupe du monde de rugby à XV, du 20 septembre au 2 novembre 2019. Cette neuvième édition constituera un essai grandeur nature à ne pas prendre à la légère avant la prochaine grande échéance sportive.

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