Une enquête du Wall Street Journal charge l’entreprise chinoise Huawei : selon le média américain, plusieurs de ses employés auraient aidé l’Ouganda et la Zambie à déployer un logiciel espion sur des smartphones d’opposants politiques, et ce dans le but d’accéder à leur localisation et leurs conversations chiffrées.

Le nouveau scandale révélé par le très sérieux Wall Street Journal ne devrait pas redorer l’image de Huawei auprès des puissances occidentales, et tout particulièrement les États-Unis. Le quotidien a en effet publié une enquête qui égratigne un peu plus la réputation du géant chinois, déjà soupçonné par Washington de travailler aux côtés des agences de renseignement de l’Empire du Milieu.

Pegasus ? Non, mais presque

D’après le Wall Street Journal, des employés de l’entreprise asiatique ont apporté leur aide au gouvernement de Zambie et d’Ouganda pour déployer un logiciel espion similaire au célèbre malware Pegasus, développé par la firme israélienne NSO. Cette dernière a d’ailleurs été citée dans l’enquête, avant que le média ne fasse son mea culpa : le virus lancé lui ressemble, certes, mais a été créé par des hackers tiers.

Plus précisément, une cyberteam ougandaise, basée au siège de la police du pays, aurait fait appel aux équipes de Huawei pour arriver à leurs fins. L’objectif étant d’infecter les appareils mobiles de cibles précises, comme des opposants politiques. Le Wall Street Journal cite ainsi Robert Kyangulanyi, alias Bobi Wine, rappeur, acteur mais aussi député d’une circonscription, qui s’est déclaré candidat à l’élection présidentielle de 2021.

Crédit photo : Bernard Hermant via Unsplash.

En parvenant à installer le malware sur les téléphones visés, les autorités seraient alors en mesure de tracer leur localisation, d’accéder à des communications chiffrées et de consulter leurs messages sur les réseaux sociaux (WhatsApp et Skype, en l’occurrence). Le Wall Street Journal n’hésite cependant pas à mettre en perspective ses trouvailles : aucune preuve d’activité d’espionnage menée par Pékin n’a été trouvée.

De son côté, Huawei balaye d’un revers de la main l’ensemble des accusations : « Après une enquête interne approfondie et détaillée sur les points soulevés par l’équipe du Wall Street Journal, Huawei rejette complètement ces accusations infondées et inexactes sur nos opérations en Algérie, Ouganda et Zambie », s’est défendue l’entreprise dans un communiqué relayé par CNBC.

Une enquête à tempérer

« Notre enquête interne montre clairement que Huawei et ses employés n’ont participé à aucune de ses activités alléguées. Nous n’avons ni les contrats ni les capacités de le faire », précise-t-elle. Aussi, rien ne permettrait d’affirmer que les équipements de Huawei seraient conçus à des fins d’espionnage, précise le WSJ.

Il n’empêche que cette affaire remet au goût du jour les suspicions américaines quant au rôle de Huawei, et indirectement celui de l’administration Xi Jinping en vertu d’une loi controversée entrée en vigueur en 2017, concernant les activités d’espionnage du pays. Mais ici, rien ne concerne l’infrastructure des appareils technologiques du fleuron chinois : seuls des employés du groupe auraient mis la main à la patte pour épauler des autorités africaines.

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