Une nouvelle gaffe du politicien japonais Yoshitaka Sakurada anime les dicussions sur la cybersécurité et jette une lumière neuve sur l’incomplète culture numérique du Japon.

Yoshitaka Sakurada, 68 ans, membre de la majorité japonaise libérale à la Diète a été nommé en octobre Ministre des Jeux Olympiques par le Premier Ministre, Shinzo Abe. Ce dernier a étendu exceptionnellement son gouvernement à 19 membres pour préparer les jeux tokyoïtes de 2020. M. Sakurada, élu de la chambre basse japonaise et ancien vice-ministre du Ministère de l’Éducation, de la Culture, des Sports, des Sciences et de la Technologie (MEXT) a également hérité du rôle de chef adjoint d’une commission spéciale sur la cybersécurité.

« Jamais utilisé d’ordinateur  »

La fonction, à l’importance relative dans l’organisation de cette commission interministérielle, lui a tout de même valu des questions lors d’une session parlementaire

Yoshitaka Sakurada, invité à la dixième réunion du Group on Earth Observations (GEO-X) à Genève / Rama

Ce mercredi durant laquelle il a admis n’avoir « jamais utilisé d’ordinateur  ». Selon le Japan Times, l’opposition l’aurait également mis en défaut en l’interrogeant sur la sécurité des centrales nucléaires. Il ignorait alors manifestement si des clefs USB étaient utilisées dans les centrales. Masato Imai, élu démocrate d’opposition a critiqué le Ministre en considérant : « choquant qu’une personne qui n’a jamais utilisé un ordinateur doivent s’occuper des politiques de cybersécurité  ».

Les propos tenus par Sakurada ont rencontré un écho particulier à l’étranger où de nombreux médias et Internautes ont moqué cette gaffe. Pourtant, ce rôle plutôt anecdotique dans une commission sous la tutelle du Premier Ministre et de deux administrations dédiées (IT Strategic HQ et le Conseil de Sécurité National) est loin de faire de Sakurada le responsable de la cybersécurité japonaise, en outre développée et comptant de sérieux atouts.

Deux tiers des Japonais de plus de 60 ans n’ont pas ou peu accès à Internet

Sakurada est surtout lié à la question à cause de l’organisation des Jeux Olympiques qui a invité le gouvernement a lancé une procédure de révision de la législation sur la sécurité informatique à l’orée de l’événement. Par ailleurs, si certains l’ont souligné sardoniquement, il n’est pas tout à fait faux de considérer que ne pas utiliser d’ordinateur reste une des meilleures protections contre les cyberattaques.

Enfin, avec une démographie déclinante, au Japon, qui compte 28 % de citoyens de plus de 65 ans, les déconnectés sont une part importante de la société : selon une étude gouvernementale rapportée par le quotidien anglophone, les deux tiers des Japonais de plus de 60 ans n’ont pas ou peu accès à Internet.

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