Le site de DDoSecrets, l'organisation qui tente de reprendre le flambeau de Wikileaks, est tombé. Et pour cause : ses serveurs ont été débranchés par la police allemande.

Le 19 juin, l’organisation DDoSecrets publiait 269 gigaoctets de données, soit plus d’un million de fichiers appartenant à plusieurs unités des forces de l’ordre américaines. Emma Best, la figure de proue du collectif, expliquait dans les colonnes de Wired que les fichiers lui avaient été confiés par une personne se revendiquant du célèbre collectif Anonymous.

Même si le site a fermé, de nombreuses copies des milliers de fichiers existent encore. // Source : Capture d’écran Numerama

Mais depuis le 7 juillet, les documents ne sont plus accessibles. Et pour cause : le serveur qui hébergeait le site de DDoSecrets a été saisi par la police de Zwickau, dans l’est de l’Allemagne. Autrement dit, les forces de l’ordre ont saisi le matériel informatique qui servait à faire tourner le site. « Le serveur ne servait QUE à distribuer les données au public. Il n’avait aucun contact avec les sources, et ne servait à rien d’autre qu’éclairer le public avec des publications journalistiques », affirme Emma Best sur son compte Twitter.

La porte-parole a ensuite déclaré à Motherboard que son organisation était prête à rebondir : « Nous allons mettre en place un nouvel hébergement de données. Le serveur tombe au parfait moment, puisque nous allions le reconstruire en tous cas. C’est un coup dur et ça viole l’idéal de la liberté de la presse, mais nous survivrons. »

BlueLeak est contesté depuis sa publication

Publié pour appuyer les nombreuses manifestations contre les violences policières qui ont suivi le décès de Georges Floyd aux mains de trois policiers, BlueLeak a été critiqué par certains spécialistes.

Apparemment dérobé à une entreprise qui hébergeait certains services des forces de l’ordre US, le leak est massif, et pourrait contenir des détails susceptibles de mettre des vies en danger. DDoSecrets a précisé qu’il avait retiré plus de 20 Go de données sensibles — notamment sur des victimes — avant de publier la base. Seulement, d’autres personnes affirment que ce filtre n’a pas été suffisamment fin, ce que concédait à demi-mots Emma Best dans son interview pour Wired.

DDoS a déjà été chassé de Twitter

Quoiqu’il en soit, Twitter avait jugé que la publication de la fuite violait ses conditions d’utilisation, qui interdisent de publier des liens vers des données privées ou des données hackées. Quatre jours après la publication, le compte Twitter de DDoSecret était supprimé en conséquence. Le réseau social fait depuis la chasse aux liens qui renvoient vers le site des BlueLeaks.

De leur côté, les autorités U.S. n’ont pas déclaré publiquement qu’elles ont ouvert une enquête sur l’affaire. Mais difficile d’imaginer que cette saisi par la police allemande s’inscrit dans le cadre d’une enquête isolée.

Crédit photo de la une : Wikimedia

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